vendredi 1 novembre 2019

Lost-self

Il va donc falloir que je déconstruise tout ça.
Après toutes ces années à copier sur les autres, sans même m'en rendre compte, ces comportements sociaux dépourvus de sens pour moi. Dire bonjour, si quelqu'un dit bonjour, dire aurevoir, si quelqu'un dit aurevoir. Essayer de comprendre comment, quand, parler, ou pas, devant les autres, pour éviter ce sentiment de malaise, sans jamais y parvenir complètement.

Il va falloir que je retrouve cette petite fille dont j'admirais tant le regard noir dans le miroir, cette volonté au fond des yeux. Où est-elle donc passée ? Par où commencer pour la retrouver ?

Peut-être par revenir aux basiques. Manger. Dormir. Pour essayer de revenir à soi. Pour manger aussi, revenir aux basiques : le jardin, plaisir d'enfance. Ça ne peut pas faire de mal. C'est difficile de s'énerver en jardinant, à part, éventuellement, contre ces f..king boutons d'or qui envahissent tout, mais sinon, ça devrait être plutôt bon pour le moral et aider à retrouver des pensées constructives. Et dormir. Se coucher tôt, se lever tôt. L'utopie. Pourtant, on reste encore dans un des moyens efficaces pour prévenir les troubles mentaux, stress, anxiété, dépression.
Oui, je sais, j'étale des banalités... Manger, dormir, paraît-il que c'est vital, voire bon à la santé.

Pourquoi j'en suis là, à étaler ces platitudes ? Parce que je viens d'achever la lecture de La femme surdouée de Monique de Kermandec, parce que j'ai refait des petits tests... Oh lala, ces tests sur internet, oui, bon, on les trouve sur des sites[1],[2] un peu compétents sur le sujet quand même... Comme je l'ai déjà dit, je ne sais pas trop ce que je suis, mais visiblement, les indices convergent pour dire que je navigue quelque part sur le spectre entre l'autisme et la douance, avec une bonne dose d'hypersensibilité (sur ce point, aucun doute en tout cas, pas besoin de diagnostic !). Pour le reste, on ne sait pas trop, et on ne saura sûrement jamais. Pas vraiment le temps, l'énergie et l'argent pour chercher quelqu'un de compétent.
Et puis... Pour aller dire quoi ? "Bonjour docteur, je sais que je suis bizarre, j'aimerais passer quelques tests pour savoir où je me trouve sur l'échelle de la bizarrerie."
Je ne suis pas si handicapée que ça. Et je m'en voudrais de prendre la place, dans cette file d'attente qui s'allonge, d'une personne bien plus en détresse que moi, une personne pour qui un diagnostic serait une réelle nécessité. En ce qui me concerne, je vais plutôt bien. Il n'y a pas de détresse. Seulement des souffrances qui reviennent périodiquement, beaucoup de fatigue, d'irritabilité, de colère trop souvent...
Oui, j'aurais peut-être besoin d'aide. Je ne sais pas. J'ai peur que cela ressemble au même parcours du combattant que la recherche d'une sage-femme pour l'accouchement à domicile. Alors, même si j'hésite de plus en plus, je vais sûrement prendre le risque d'en arriver à la même conclusion : peut-être suis-je finalement la plus compétente pour résoudre les problèmes qui me concernent.

Alors, à nouveau, je lis, à la recherche de solutions.
Et là, il semble qu'une tâche herculéenne se présente à moi : apprendre à distinguer mon faux-self du vrai moi. (Mais est-ce que je vais trouver le temps de faire ça ? Et comment on s'y prend exactement ?)
J'ai tout de même retrouvé deux éléments rassurants – je ne suis pas sûre que ce soit le bon mot d'ailleurs – dans ce livre de Monique de Kermadec, ou, disons, des conclusions auxquelles j'étais déjà arrivée.

D'abord, il faut arrêter de chercher l'équilibre. Je ne fonctionne pas comme ça.
"Ne prenez pas exemple sur les autres – celles qui semblent y arriver. Vous êtes différente. Votre perfectionnisme, votre intensité, votre exigence vous poussent à autre chose, vous devez entrevoir cette recherche d'harmonie différemment."
J'avais essayé à l'université, de ne plus osciller d'un extrême à l'autre. Alors, oui, il y avait sans doute moins de douleur, mais aussi le sentiment de n'être plus qu'un terne reflet de moi-même, fade et éteinte, un peu comme une impression de ne plus vraiment vivre. Non, ce n'était pas pour moi. Ce n'était pas moi.

Ensuite, en ce qui concerne la souffrance, il va falloir que je me fasse à l'idée qu'elle ne va pas disparaître : "vous ne pouvez pas anéantir les émotions négatives. Le bonheur et les émotions positives seraient du même coup annihilés."
J'avais commencé à saisir le concept depuis quelques temps, et accepté ce choix : aimer et risquer, à coup sûr, de souffrir, ou ne pas vivre. D'autant plus que, ces dernières années, une intime conviction s'est peu à peu gravée en moi.

Love is the key.

L'amour, au sens large bien sûr, de ses enfants, de ses amis, des personnes pour et avec qui on travaille. Ok, je sais que je ne vais pas pouvoir aimer, et encore moins être aimée de, tout le monde. Je ne suis pas Sainte Thérèse de Lisieux et j'ai même souvent du mal à supporter les gens, mais il y a pourtant dans cette conviction quelque chose qui relève un peu de la foi. Ce sentiment qu'aborder les problèmes et les personnes avec plus d'amour apporterait bien des solutions.

Mais entre mes élans de pensées positives et ma réalité quotidienne, il y a souvent un gouffre. Je suis plus souvent en train de me détester pour cet espèce d'état de colère latente dans lequel je vis, qu'en train d'agir en respirant la sérénité et la paix.
Et puis cette culpabilité qui s'ajoute aux moments de souffrance. Parce que je sais que la raison pour laquelle je me sens déchirée, la raison pour laquelle je ressens cette douleur, quasiment, ou carrément, physique, est la plupart du temps insignifiante. Parfois une simple intonation, dans une phrase anodine, peut me faire l'effet d'une claque.
Malheureusement aucun raisonnement rationnel ne parvient à calmer ces émotions. Et la lucidité du ridicule de ma souffrance face à celle du reste du monde qui meurt de faim, de maladie, de guerre, ne fait qu'ajouter une couche de culpabilité à ces émotions incohérentes.

Mais il semblerait que je ne puisse pas me débarrasser de tout ça si facilement. Il va plutôt falloir se la jouer à la Dark Crystal et apprendre à faire cohabiter dans un même être ces élans de bonté, prête à sauver le monde, avec cette colère et ces douleurs égo-tristement-centrées.

Peut-être qu'avec quelques pansements de cohérence cardiaque[3]/méditation cela pourrait devenir plus supportable. Peut-être aussi pourrais-je me rendre compte que ma culpabilité n'aide pas le reste du monde à aller mieux. Peut-être que je pourrais aller la balancer du haut de la falaise sur Vormir en espérant récupérer mon âme.

Bref, il faut que je me retrouve, que je démêle le moi du reste, que j'arrive à distinguer mes propres désirs de ceux nés de mon étrange empathie.

Pour y arriver, il me faudrait trouver du temps pour moi, seule. Ce serait formidable, et apparemment vraiment nécessaire, à une évolution favorable de ce gloubi-boulga intérieur. Une semaine ça serait bien. Oui, une semaine par mois, ça serait parfait. Ah... ? On me glisse dans l'oreillette que ça ne va pas être possible... Cause quatre enfants, un métier, tout ça... Très bien, très bien, je comprends. On fera autrement. Comment ? Je ne sais pas encore. Mais on va y réfléchir. Ça je sais faire réfléchir. Un peu trop.

[1] Tests en ligne pour le syndrome d'asperger et l'autisme
[2] Douance.be
[3] Cohérence Cardiaque, Dr C. Cungi et C. Deglon

lundi 8 juillet 2019

Lifeline



"Routine", I don't really like the word but I have to admit it saves my days. It may sound a little old fashioned. But, haven't I always been? Too old and too young.
I should have discovered it earlier. Routine is my gateway to freedom.

Whatever happens, the morning following a drunken night, a day with your heart torn apart, or just ordinary burn-out, stick to it like a lifeline.

Doesn't matter how you feel, wake up and move, do some sport, dress up, do something for you or clean something in the house, find what works for you and do it, every morning, or maybe, especially when you don't feel like doing anything. Move your body, even mechanically, without thinking, and the rest will follow, start to get back in the right order.

You might not do all you intended to every morning, but it doesn't matter. Less is still better that nothing. Try to add sport in your days, even if it's slow and soft. Try to find few minutes to breathe peacefully before thinking about the day awaiting for you. Try to remember love for what you have, a loving partner, some overwhelming children, a protecting house, or even just a peaceful place somewhere on earth.

And if this morning was just already perfect for you, let your routine add more productivity, freedom and happiness in your day.

jeudi 20 juin 2019

Tu exagères

- Arrête de te prendre la tête !
- Mais je ne le fais pas exprès.
- Il n'y a pourtant aucune raison.
- Alors pourquoi j'ai l'impression d'avoir encore dit ou fait, quelque chose qu'il ne fallait pas ?
- Parce que tu ressens un millionième comme un tout et tout comme un millionième. Tu exagères. Concentre-toi sur l'instant. Là, tu vois, tout va bien.
- Je n'y arrive pas. Les pensées ne s'arrêtent jamais.

Plus paniquée par un changement d'emploi du temps que par une tornade.
Pourquoi ? Je ne sais pas. La force de la nature nous dépasse. Cela a quelque chose de rassurant.
Et le reste du temps ? Essayer de tout contrôler, tout le temps. Echouer toujours. Recommencer encore. Comme réapprendre à marcher, un pas après l'autre, recommencer chaque matin, parfois quelques jours d'équilibre avant de chuter à nouveau. Douloureusement. Avant de se relever. Est-ce qu'ils vont se moquer ? Me sentir si seule quand ils sont tous là. Abandonnée. Et si simple quand il n'y a que moi.
Enfin, moi, et tout le reste, jamais vraiment de silence. Cela ne s'arrête jamais. Ecriture intuitive. Pensées infinies.

- Arrête de te prendre la tête !
Je ne peux pas. Arrête, arrête, arrête...
Enfin si parfois, quand je suis absorbée. Moment de flow béni. Moments effrayés par cette course effrénée. Comment trouver le temps ? Comment s'arrêter ?

Comment...



- Qu'est-ce qu'il y a encore ?
- C'est rien...
- Il va falloir arrêter d'y penser.
- Tu crois que j'y arriverai ?
- Bien sûr !
- Parce que je suis capable de tout ?
- Bien sûr.
- Du pire comme du meilleur. Enfin presque... Si seulement j'avais moins peur... Mais je progresse !
- J'espère bien !
- Sois gentil...
- Mais je suis toi.

Anima. Animus. Jiminy Cricket.
- Ah oui, ça j'aime bien !
- Et si on faisait une pause ?
- Truce ?
- Truce.

Fucking empathy.
- Tu exagères.
- Toujours, et pourtant je déteste ça.
- Je croyais qu'on avait dit qu'on arrêtait.
- Faut croire que j'y arrive pas.
- Et comment tu vas faire alors ?
- Je vais rien faire. Je vais vivre avec, c'est tout.

lundi 18 juin 2018

Ecrire

Si je résume : j'aime beaucoup l'idée folle (voir un peu débile même) de "No plot ? No problem !" : écrire un roman, soit 50 000 mots en 30 jours, quoi qu'il arrive, écrire pour écrire.
 
Ensuite tout le blabla sur où, quand, comment s'organiser, est moins intéressant pour moi (sûrement parce que j'ai déjà bien fait le tour des possibilités de mon agenda), et qu'étant donné où j'habite, je ne devrais pas avoir trop d'hésitation entre le Starbuck et la bibliothèque comme lieu d'écriture, peut-être entre le bureau et le jardin ?

Après avoir été très tenté par l'achat d'un bel ordinateur portable tout neuf, je me suis finalement rabattue sur un petit clavier pour ma p'tite tablette (j'essaye de me convaincre que je viens d'économiser 1000 € !). En tout cas, j'ai un brin de mobilité.
Par contre, j'ai adoré "Save The Cat".
Même si je n'ai pas vraiment l'intention d'écrire un scénario, ce que j'ai dans la tête ressemble pour l'instant beaucoup plus à des scènes d'un film qu'à un roman. Et cette façon de concevoir un scénario est, je pense, une excellente façon de concevoir une bonne histoire tout court, et fourni toutes les clés pour construire les scènes manquantes.

En mélangeant l'écriture irrationnelle de 50 000 mots (!) à la structure d'un scénario à la Blake Snyder, j'arriverais peut-être à quelque chose.
Soyons fous !

dimanche 17 juin 2018

Sauve qui poux !

Aujourd'hui, nous allons faire dans le glamour, avec une spéciale dédicace à Pef.

La lecture du grand frère à sa p'tite soeur ayant visiblement été trop efficace, je vais donc vous présenter mon kit anti-poux.

Il ne contient pas d'anti-poux classique acheté en pharmacie, et il est donc probablement plus économique, mais je suis sûre qu'il est aussi efficace, et en plus il soigne les cheveux au lieu d'attaquer le cuir chevelu de vos enfants (et/ou le votre).

Etape 1 : Asphyxier le pou (et tout le reste de la famille)
Faut-il vraiment vous rappeler que les insecticides c'est tout pourri, comme les antibiotiques ils induisent des résistances (et si ça se trouve ça tue aussi les abeilles...). Donc, on va plutôt les asphyxier, en les enveloppant dans un corps gras. Pour faire pas cher et pratique, j'ai un spray à l'huile d'olive (j'ai réutilisé un flacon L'or bio de Melvita #zeroplastic #zerowaste) mais vous pouvez utiliser ce qui vous plaît (et qui est bon pour les cheveux de préférence) : huile d'amande douce, huile de coco, huile d'argan, monoï... Appliquer sur toute la chevelure et faites un doux massage aux poux et aux cheveux. Munissez-vous ensuite de votre joli bonnet de piscine (pas celui en tissu, l'autre, qui est bien étanche et trop galère à enfiler) et envelopper chaudement tout ce petit monde. Laissez ensuite agoniser les poux 1h minimum, ou, si possible, le temps de la sieste ou toute la nuit c'est encore mieux.

Etape 2 : Peigner les poux (enfin, les cheveux plutôt)
C'est l'étape qui prend du temps mais c'est la plus importante, celle qu'il faudra recommencer tous les 2 ou 3 jours pendant 15 jours minimum pour être sûr de s'être débarassé de tous les petits parasites.
J'ai un peigne, ni métallique, ni électrique, mais qui a un petit rebord sur lesquels les poux restent bien coincé, après on peut les écraser gnngnngnn (il faut bien sûr savoir les reconnaître... voir la petite image adultes et oeufs, hmm), et qui se démonte pour bien se nettoyer.
Poux de tête et lentes

Etape 3 : Laver
Sans doute la partie la plus chère de mon traitement antipoux : j'utilise un shampooing antipoux bio de la marque Finessence (acheté à Biocoop). Je ne suis même pas sûre qu'utiliser un shampooing anti-poux soit indispensable, mais celui-ci est vraiment efficace pour enlever tout le gras dont vous avez enveloppé les cheveux, et il contient quelques huiles essentielles pour finir de faire fuir les poux.

Etape 4 : Rincer
Après avoir rincé le shampooing à l'eau, vous pouvez faire un rinçage au vinaigre de cidre (dilué à l'eau), en plus d'être un excellent soin après shampooing, l'acidité du vinaigre va permettre de détacher les lentes collées aux cheveux.

Etape 5 : Re-peigner les poux (pour qu'ils soient vraiment très bien coiffés)
Vous en avez marre, votre enfant aussi, mettez un bon film/dessin animé à la télé, mais y'a pas de miracle, il faut peigner, encore et encore, tout les 2, puis 3, puis 4 jours, si vous n'avez plus rien vu au bout de 15 jours, vous pouvez arrêter, enfin ! Car c'est environ le temps qu'il faut à la lente pour devenir un pou adulte.

Et voilà, vous avez vaincu les bêtes, et vous avez de magnifiques cheveux, parce que vous le valez bien ! Inutile de passer toute la maison à la javel, lavez les draps si vous voulez, mais les poux ne survivent pas longtemps loin de la tête et ne savent pas sauter, donc ils se transmettent essentiellement par contact direct. En revanche, ils savent nager, alors gare aux sessions piscine.

Et à bientôt  !