vendredi 28 juin 2013

Né à la maison


Je n'avais suivi aucune préparation concernant la douleur, mais les solutions sont venues d'elles-mêmes. Je savais seulement qu'un bain soulage (mais je n'ai pas de baignoire). J'ai pris une petite douche à un moment, mais je n'ai pas pu y rester. Après je me suis mise à parler à mon bébé. Quand les contractions et la douleur arrivaient, je lui disais de descendre, qu'il allait y arriver, ce genre de chose. C'est venu spontanément et je n'avais plus l'impression d'avoir mal. Pourtant, si on m'avait suggéré de faire ça avant l'accouchement, j'aurais sûrement refusé (dans ma tête en tout cas). Car je déteste faire ce genre de chose : parler à voix haute de façon "artificielle". J'ai par exemple fait un stage de massage bébé très sympa récemment et, au début du massage, on est supposé demander la permission : "Bébé, tu veux bien que je te masse la jambe ?" Désolée, mais je trouve ça ridicule. Mais je m'écarte du sujet, revenons à nos contractions... Il y en a eu deux ou trois pour lesquelles j'ai trouvé que ça faisait trop mal, mais le temps de penser que je n'allais pas supporter la douleur, la contraction était passée. J'ai crié très fort aussi quelques fois, pas forcément pour les contractions les plus douloureuses d'ailleurs. Mais je pense que ça devait être impressionnant de l'extérieur et j'avais peur que ça traumatise mon mari.

Je pensais que pour un second bébé, ce serait plus concret, mais pas du tout : j'avais peur que le bébé ne sorte pas. Je n'arrivais pas à y croire. À force d'être toujours dans la même position, j'étais fatiguée, j'avais vraiment envie de dormir. Je trouvais ça long aussi car je ne savais pas combien de temps ça allait durer. Quand la sage-femme m'a dit que j'allais accoucher bientôt (parce que c'était vrai ou pour me rassurer ?), ça m'a redonné de l'énergie. Et effectivement, un moment plus tard, les contractions se sont espacées, j'ai pu m'allonger sur le côté et me reposer. Là, j'ai réalisé que le bébé allait vraiment arriver et j'ai ressenti une grande vague de bonheur, une envie de pleurer de joie. C'était vraiment merveilleux. Je n'échangerais aucune péridurale au monde contre cette sensation ! Ensuite j'ai eu peur que ce soit dangereux pour le bébé que les contractions soient espacées (je ne savais pas que c'était normal) et je ne savais pas trop à partir de quand je devais pousser. J'ai essayé de pousser pour faire sortir le bébé et aussi parce que les contractions étaient moins douloureuses comme ça. Je crois que j'étais un peu trop pressée. J'ai commencé à avoir mal quand la tête était prête à sortir. Je poussais même quand je n'avais pas de contractions car je voulais à tout prix qu'il sorte. Il y a eu un moment désagréable ou je ne pouvais plus rester allongée et où je ne savais pas comment me mettre. Puis j'ai retrouvé une position accroupie, presque la même qu'en début d'accouchement. J'ai encore poussé pour faire sortir la tête et ça m'a vraiment brûlé très fort. Puis la douleur s'est estompée dès que la tête est passée. Les sages-femmes m'ont guidée (la sage-femme qui m'avait suivi pendant ma grossesse avait pu nous rejoindre un peu plus tôt) pour que je me relève assez pour laisser la place à mon bébé de sortir. Le reste du corps est sorti tout seul. La sage-femme m'a aidée à rattraper le bébé puis elles m'ont tout de suite dit d'aller sur le lit. Après quelques minutes, j'ai senti que j'avais de nouveau une petite contraction. Le placenta a commencé à sortir. La sage-femme a craint l'hémorragie car j'en avais fait une à la clinique pour mon premier accouchement. Mais le placenta a fini de sortir à la contraction suivante et ce n'était vraiment pas douloureux.


Mon bébé tout doux est né à la maison. J'ai commencé à perdre les eaux vers 3h30 du matin, au moment où, petit cachalot, j'essayais de me retourner dans mon lit en me disant : "C'est pas possible, faut qu'j'accouche !" Et là, clac, j'ai senti du liquide couler. J'ai vaguement tenté de réveiller mon mari, sans succès. Et puis je suis partie chercher une protection anti-inondation. À mon retour, mon mari s'était réveillé et se demandait pourquoi tout était éclairé : "Devine !" J'ai appelé la sage-femme pour la prévenir, mais je n'avais pas du tout de contractions. Nous nous sommes recouchés et mon mari s'est endormi. Moi j'étais trop excitée, et un peu stressée aussi que l'accouchement ne s'accélère trop avant que ma fille ne soit chez la nounou. Les contractions ont commencé vers 5h30, espacées de 7 à 10 minutes environ, et pas très douloureuses. J'avais seulement besoin de souffler un peu, et j'étais bien dans mon lit. Quand ma fille s'est réveillée, mon mari est allé s'occuper d'elle, mais j'ai quand même pu me lever et lui donner son biberon en la tenant dans mes bras comme je le faisais tous les matins. Les contractions se sont arrêtées pendant ce temps-là. Ensuite je suis retournée au lit, mon mari a fini de préparer notre puce et l'a emmenée chez la nounou. Je ne me suis pas du tout sentie inquiète de rester seule. J'étais très confiante, heureuse que ma fille soit partie chez la nounou car je savais qu'elle y serait bien, et je savais que mon mari allait revenir rapidement. Pendant que j'étais seule, les contractions sont revenues, plus douloureuses. À son retour, mon mari a rappelé la sage-femme pour lui dire, mais elle avait dû partir pour un autre accouchement. Nous avons donc contacté sa collègue qui devait la remplacer, pour lui dire que les contractions devenaient douloureuses mais qu'il n'y avait pas urgence. Vers 10h30-11h, j'ai dit à mon mari qu'il fallait rappeler la sage-femme pour lui dire de venir. Et il m'a répondu : "- Tu es sûre ? On peut attendre encore un peu, non ? - Non, rappelle la sage-femme !" Il a toujours peur de déranger mon chéri... Il y a eu un moment un peu difficile car je ne savais pas comment me mettre, j'avais chaud et envie de vomir. Puis j'ai trouvé la position dans laquelle les contractions étaient supportables.


Et voilà : pas d'hémorragie, un bébé qui criait déjà très bien ! Je n'ai pas eu besoin d'aller à l'hôpital.

Le reste, c'est que du bonheur : le plaisir de manger, de dormir, de vivre... chez soi.


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